 Blindés & Matériel N° 84 août 2008 |  Blindés & Matériel Hors-série N° 9 |
Comment acheter ?NOTRE COMMUNAUTÉ (éditorial de François Vauvillier écrit le 16 mai 2008 pour GBM 83) Depuis le lancement de GBM, j’ai pu apprécier l’impact très profond du magazine dans les principales composantes de son public. D’une part les amateurs d’histoire militaire pointue et exigeante : la grande histoire, l’histoire des unités et des opérations, mais aussi les histoires des lieux, les histoires des hommes et des destins individuels. Des lecteurs qui, souvent — presque toujours même —, puisent leur passion pour le sujet dans le creuset familial et dans la mémoire de nos pères. À cet égard, GBM s’inscrit, avec humilité et respect, dans la réalité d’un enracinement perceptible au plus haut point à travers le courrier que vous nous adressez. D’autre part les passionnés de maquettes, à qui ce magazine fournit tant de nouveaux sujets d’inspiration et des détails d’une extrême précision sur les véhicules et les matériels, leur permettant de réaliser des modèles réduits à leurs échelles favorites, en s’approchant du « zéro défaut ». J’écris « s’approchant » car, en maquettes comme en profils et illustrations couleurs (encore une cinquantaine dans ce numéro), l’absolue perfection demeure cet horizon dont la désagréable particularité est de rester toujours au loin, malgré les pas de géant que l’on fait vers lui. Dans ce portrait du lectorat de GBM, je m’en voudrais de ne pas reconnaître aussi les passionnés de matériel grandeur nature qui, encore trop peu nombreux sur les thèmes français, préservent et mettent en valeur un patrimoine historique et technique de premier plan. À ce sujet, un scoop attend tous nos lecteurs page 9 de ce numéro 83. Enfin, tout près de nous, il est un important lectorat qui a partagé avec notre pays les épreuves des deux guerres mondiales et qui nous fait l’amitié de s’intéresser à GBM. Et bien, c’est avec joie que j’annonce l’ouverture de la frontière sur le Quiévrain. Dans ce numéro, un premier article, à caractère stratégique, met en relief la problématique de la Belgique dans les années qui précèdent la Seconde Guerre mondiale. Et, dans notre prochain numéro, place au matériel, avec un sujet franco-belge de poids, l’ACG 1. Aujourd’hui, le mot à la mode est communautés. Je ne l’aime guère ainsi, je le préfère au singulier. LA communauté de GBM me va bien. POTION D’AVRIL (éditorial de François Vauvillier écrit le 14 mars 2008 pour GBM 82) Si GBM était un quotidien, il serait facile d’y glisser l’un de ses poissons qui font la tradition du 1er avril en général, et du noble métier de journaliste en particulier. Mais dans le cadre d’un bimestriel d’histoire technique, l’exercice est plus délicat. Je me souviens pourtant d’avoir lu et vivement apprécié, il y a un bon moment déjà (euphémisme), dans un magazine mensuel d’histoire aéronautique par ailleurs fort sérieux et réputé, l’édifiante histoire d’un curieux avion prototype allemand d’avril 1945, le « Klagenfurt Kl 293 » (ou quelque chose d’approchant, les fanatiques d’aviation le retrouveront aisément) qui présentait l’étrange particularité de décoller au bout d’un cable, sous l’effet de la force centrifuge : un dossier bien ficelé, si j’ose écrire. Je me suis fait balader pratiquement jusqu’au bout de l’article en question. Mais ce n’est pas le type de poisson que je souhaite voir nager dans les pages de GBM. Et si je suis enclin à laisser l’esprit vagabonder autour de nos thèmes de prédilection, je préfère que ce soit à travers des projets techniques bien réels même s’ils n’ont pas abouti (comme notre série en cours sur le char G 1, dont l’achèvement est reporté au prochain numéro), ou par le développement d’hypothèses historiques fondées, telle celle du « 15 mai 1940 » exposée dans GBM 81. Mais dans ce numéro-ci, parce que justement c’est un numéro d’avril, il n’y a rien, absolument rien qui ne soit de stricte réalité : l’invraisemblable tracteur six roues Saurer 1939 à moteur central (page 17) est véridique, même si les traces photographiques en sont, pour l’heure, fragmentaires. La liste des AMD de l’escadron dépeint par Guy de Chézal dans son célèbre ouvrage (page 50) est une réalité romancière de l’époque. Le premier régiment d’artillerie de 75 porté sur tracteurs Jeffery a bel et bien été créé un 1er avril (page 25). Il a bien existé un « éléphant de Normandie » (page 73) qui demeure une énigme. Et il s’est bien trouvé un auteur pour prédire avec force que 1940 serait « une année de grandeur française » (page 6). Le dernier dossier évoqué, dont toutes les citations sont, au mot près, la transcription d’extraits de l’opus original, sera, à votre attention chers lecteurs, ma potion d’avril. DEUX ECLAIRS, UN FATAL (éditorial de François Vauvillier écrit le 16 janvier 2008 pour GBM 81) À l’intérieur du champ d’investigation serré de GBM, et du fait même de cette concentration, la très grande diversité des sujets et des approches est l’un des points qui m’importent le plus. Si le matériel blindé, comme l’on peut s’y attendre, tient la vedette, je fais toujours en sorte que le sommaire de chaque numéro reflète la gamme étendue du matériel employé par l’armée française dans les deux guerres mondiales. Éventail certes encore terriblement partiel, nombre de sujets très importants n’ayant pas encore été même effleurés. Pourtant, que de chemin déjà parcouru. Par exemple, dans le domaine de la radio, l’étude systématique des différents postes. Ou, pour l’artillerie, le passage en revue, tous les deux mois, d’un modèle significatif. Aujourd’hui, quel plaisir de traiter ce chef d’œuvre technique qu’est le 155 GPF, matériel choisi en 1917 par les États-Unis pour doter leur jeune armée et qu’ils maintiendront en service, comme nous, pendant près d’un quart de siècle. À côté de ces héros d’acier, objets animés ou inanimés qui ont — nous le savons — leur âme propre, il y a les hommes, dans leur immense diversité mais tous confrontés à la guerre. Il y a ceux dont le métier est de la faire, qui s’y préparent ou qui la préparent, avec des fortunes diverses et, hélas pour nous en 1940, malheureuses au plus haut niveau. Pourquoi l’éclair de raisonnement du général Gamelin à l’aube du 15 mai ne s’est-il pas accompagné de la trempe qui fait le chef de guerre ? Derrière notre généralissime, l’ombre d’un Joffre n’a pas percé. Le « mystère Gamelin » a coûté cher à la France et au monde libre. Et il y a ceux, les plus nombreux, qui s’y trouvent plongés par le hasard et la nécessité et portent sur la chose militaire le regard de Candide. Ainsi le docteur Henry Fleury, jeune médecin généraliste exerçant à Saint-Symphorien en 1939, mobilisé au 7e BCC, témoigne en termes imagés de sa guerre. En lisant ses regrets, d’une part que l’armée n’ait pas conservé en 1939 les vieux Berliet de 14-18 « plus sûrs », et d’autre part que son ami le lieutenant de Tchaguine « bien entendu, n’a et n’aura pas sa dotation complète » de canons antichars dernier modèle, je me suis dit in petto : voilà encore un paradoxe bien de chez nous. En automne 1914, l’armée française manquait de TOUT. Qui s’en souvient ? Un an, puis deux ans, puis quatre ans d’un effort industriel sans précédent l’ont transfigurée. En 1940, la même mutation l’attendait, bien plus vite. Mais la guerre fut plus rapide encore. Comme l’éclair.
L’AN DEUX A DÉBUTÉ (éditoral de François Vauvillier écrit le 19 novembre pour GBM 80) Ce numéro 80 ouvre la seconde année de GBM. Une première démonstration est faite : notre sujet favori ne s’est pas épuisé en six numéros et cinquante articles. Confidence, je n’avais aucune espèce d’inquiétude à ce sujet. La seconde démonstration était moins évidente : y aurait-il suffisamment de lecteurs pour justifier le maintien d’une formule aussi spécifique, aussi pointue ? Et bien la réponse est OUI. Certes, la cocarde tricolore fait moins recette que la croix noire ou l’étoile blanche mais, cela aussi, je le savais. L’important était de faire entendre une voix innovante. Cette voix est entendue. L’aboutissement de cette première année de parution se traduit aussi par le cycle des réabonnements. Ce point est essentiel pour l’équilibre économique de GBM : je tiens à vous garder. Aussi, après un document très rare sur le char Somua S 35 , je vous ai déniché un petit joyau, le catalogue complet, extrêmement recherché, des tous terrains Laffly en 1939 . Je me souviens, lorsque j’ai vu pour la première fois ces petites roues d’avion si caractéristiques sur le museau de ces véhicules qui m’étaient alors inconnus, m’être dit : « étrange, quelle drôle de gueule. Mais au fond, quelle gueule ! ». Les Laffly appartiennent, avec bien d’autres matériels de diverses marques, à cette « cité disparue » dont nous retrouvons un à un les fragments à travers les pages de GBM. Mais revenons aux considérations plus terre-à-terre : ce magazine a besoin du soutien d’un nombre croissant d’abonnés. Aussi, d’une part je remercie par avance TOUS les abonnés actuels de se réabonner, d’autre part j’en appelle aux nombreux lecteurs qui ne le sont pas encore. C’est pourquoi, exceptionnellement, dans la mesure des stocks disponibles et sans léser les premiers fidèles (1), les 250 nouveaux abonnements pris à partir d’aujourd’hui comprendront les deux fac-similés, Somua et Laffly. Au vu de votre courrier, l’enthousiasme pour GBM est profond, continu, régulier, il ne s’est pas essoufflé passé les premiers numéros. Ceci me touche beaucoup. Et bien, chers lecteurs, chers passionnés comme moi, il ne vous reste qu’à traduire votre ferveur par un abonnement. À vous tous qui souhaitez longue vie à GBM (ce dont je vous remercie), soyez assurés que c’est le meilleur moyen. Note (1) J’entends déjà les premiers abonnés me dire : Et nous, et nous, à quoi avons-nous droit ? Par mesure d’équité parfaite, les fidèles qui auraient, par exemple, renversé par mégarde un pot de peinture vert olive sur leur fac-similé Somua, ou dont le bambin aurait confondu les tracés du bureau d’études de Saint-Ouen avec un album à colorier, pourront en redemander un second sur leur coupon d’abonnement. Leur demande sera accueillie avec bienveillance. UN GIGANTESQUE PUZZLE (éditorial de François Vauvillier écrit le 19 septembre 2007 pour GBM 79) Les petites flèches qui, au détour des textes et des notes, émaillent nos pages de minuscules signaux rouges, ont l’heur de plaire. Avant la publication, chacune d’elles, à placer au bon endroit, à bon escient, me fait penser que le travail entrepris dans GBM est une sorte de puzzle, composé de milliers de morceaux. Certains sont immédiatement accessibles, d’autres demandent un peu de mal, quelques-uns relèvent de la bibliophilie ; d’autres enfin, ouvrant sur l’immatériel, renvoient à des études ultérieures. Et le tout forme une gigantesque construction dont les éléments se mettent en place, assez naturellement, même si la matière semble complexe au premier abord. C’est un peu comme dans un musée archéologique. Vous vous baladez de vitrine en vitrine, vous voyez des objets complets, immédiatement compréhensibles et qui parlent d’eux mêmes. Et puis, l’on vous présente aussi des petits bouts cassés, plus ou moins indistincts, auxquels vous ne prêtez pas forcément attention la première fois. Mais une étiquette vous dit : " attention, ceci est un rare fragment de cela ". Et le " cela " dont il est question, un panneau vous le montre un peu plus loin, sous forme d’un croquis sur lequel tout est mis en place logiquement, de façon limpide. Et bien, les sujets de GBM obéissent à la même règle : ils sont épars, mais ils s’assemblent. Dans le temps (de leur origine à leur fin) et dans l’espace (la manière dont ils se cotoient, se répondent, s’organisent les uns par rapport aux autres). L’intérêt d’un magazine, plutôt que d’un livre, est de pouvoir offrir, en vitesse accélérée — et dans la motorisation, on aime la vitesse —, un aperçu varié de l’ensemble des sujets. Mais l’avantage d’un livre est le caractère pérenne, global, quasiment exhaustif, qu’il confère au sujet traité. En matière de magazine, GBM est un cas à part, un " cas " tout court. C’est en vérité un grand livre à petits épisodes, sur un très vaste sujet (néanmoins homogène), sortant avec une parfaite régularité. Un auteur de GBM me disait : " Finalement, l’Encyclopédie de l’Armée française paraît, maintenant, tous les deux mois...". Dans un sens, cet éminent spécialiste — que je ne nommerai pas pour ne pas troubler sa modestie légendaire — a raison. Mais cela ne me fait pas perdre de vue l’intérêt que présentent les livres, et la nécessité de les sortir, eux aussi. Surtout ceux qui ont été annoncés...
UN REGARD NEUF (éditorial de François Vauvillier écrit le 16 juillet 2007 pour GBM 78) Tout récemment, j’ai reçu le courriel fort sympathique d’un lecteur qui m’expliquait avoir acheté les quatre premiers numéros de la nouvelle formule du magazine du fait des sujets sur la Grande Guerre et — c’était là le but principal de son message — me demandait s’il pouvait « s’abonner à GBM, sans crainte que les articles sur 1914-18 ne disparaissent ». Je l’ai rassuré sur le champ, en lui confirmant ce qui fait l’essence même de notre magazine : la filiation logique, le continuum absolu, que l’on constate sur le plan des matériels de l’armée française, depuis la fin du XIXe siècle (artillerie du système de Bange puis à frein hydropneumatique, débuts de la motorisation, de la TSF et des services « modernes ») jusqu’à la campagne de mai-juin 1940. Du plus tôt où je me suis intéressé à notre armée de cette époque, ce point m’avait frappé : continuité totale. Il est même, tout simplement, impossible d’expliquer et de détailler la situation matérielle de l’armée de terre en 1939 — en quelque domaine que ce soit — sans regarder un quart de sècle en arrière, car tout est parfaitement et intimement lié. Par ailleurs, il n’y a pas 14-18, puis un grand blanc, puis 39-40. La période de l’entre-guerres, un peu tristounette et sans grand relief il est vrai dans les casernements du pays, représente un gisement richissime d’idées, d’études, de projets, d’expériences, de réalisations, de déploiement sur le terrain, si l’on veut bien se donner la peine de porter aux hommes et aux choses un regard neuf. Ce numéro-ci en donne la juste mesure, sur les deux aspects « recherche et développement » d’une part, « opérations » d’autre part. Concernant la R&D comme l’on dit en hexagonal courant, nous avons dans ce numéro un sujet traduisant la pensée d’un homme seul — le testament du général Estienne —, et un très gros et très important sujet — le char de 20 tonnes —, futur char G 1, matériel qui eut été, n’en doutons pas, le véritable char de bataille de l’armée française à l’horizon 1942-1943. Sur les opérations de l’entre-guerres, c’est avec beaucoup de fierté que nous exhumons de l’oubli une opération de guerre rapide « à la française, en vitesse », utilisant d’importants moyens motorisés sous blindage. C’était au début de 1934 dans le sud marocain, quelques mois après la naissance, en Champagne, de la DLM, quelques mois avant la sortie de Vers l’armée de métier. C’est cela que vous offre GBM : la mise en perspective du matériel, des idées, des opérations. Et un regard neuf sur de bons vieux sujets.
POURQUOI TANT DE PEINE (éditorial de François Vauvillier, écrit le 18 mai 2007 pour GBM 77)
La sortie du numéro 77 de GBM correspond aux premiers jours de juin, quand l’insouciance revient, avec les signes annonciateurs de l’été. Mais en 1940, les premiers jours de juin, c’était ceux de la fin du camp retranché du Dunkerque, qui a vu disparaître les plus belles unités moto-mécaniques de l’armée française. C’était ceux aussi des tentatives de résorption de la tête de pont d’Abbeville, où deux divisions cuirassées ont été consommées tour à tour sans profit, en s’épuisant contre des positions d’infanterie. Puis, juste après, le 5 juin avant l’aube, c’était le début de l’offensive allemande sur le cœur du pays, offensive qui ne s’arrêtera qu’avec la signature de l’armistice. Compte tenu de l’analyse réaliste du rapport de forces d’alors, il est légitime de se demander si les sacrifices consentis sur la ligne Somme-Aisne, dans les « hérissons » de la ligne Weygand, ont servi à quoi que ce soit. La « guerre de Quarante » avait sans doute déjà été perdue les 13-15 mai sur la Meuse, ce qui se passerait ensuite n’étant que les soubresauts d’agonie d’un système militaire bousculé par le vent de l’Histoire. Peut-être tant de peine n’a-t-elle servi à rien... Mais peut-être aussi qu’au pays de Jeanne d’Arc, on aime croire aux miracles. Tenir, tenir pour durer, était, le 5 juin 1940, un défi qui ne manquait pas d’inspiration. Beaucoup y ont cru, qui sont tombés les armes à la main, sur leurs positions. Leur nouveau chef leur avait dit : « le sort de notre Patrie, la sauvegarde de ses libertés, l’avenir de nos fils dépendent de votre ténacité... ». Et ils ont fait leur devoir, parce que le faire était naturel. Deux tiers de siècle se sont écoulés depuis cette bataille perdue, et la blessure de 1940 demeure très vive, même chez ceux — le plus grand nombre de nos lecteurs et toute l’équipe de GBM à l’exception de notre aîné Roger Avignon — qui ne l’ont pas subie, pas vue de leurs propres yeux. Est-ce cette blessure collective qui explique l’intérêt suscité par la période ? Dans les pages de GBM, à travers la description du matériel, les récits et les témoignages sur le déroulement des opérations, à travers aussi la vigueur de vos courriers sur l’emploi et la doctrine, et sur la stigmatisation des fautes, se fait jour la soif de savoir et l’appétit de comprendre : pourquoi 1940, comment 1940. Voilà, au fond, ce qui donne tout son sens à GBM. Voilà ce qui vaut tant de peine.
L'ARMEE FRANCAISE A l'HONNEUR (éditorial de François Vauvillier, écrit le 16 janvier 2007 pour GBM 75) Merci à vous tous d’avoir réservé un accueil aussi chaleureux à notre dernier numéro, qui était aussi le premier de la nouvelle formule "Blindés & Matériel", 100 % français.
La rédaction a reçu, en même temps qu’une avalanche d’abonnements, un nombre impressionnant de lettres et de courriels, enthousiastes pour la plupart, dont les pages 4 et 5 du nouveau numéro (GBM 75) donnent une idée. Pour ma part, je n’ai pas connu une telle joie à l’ouvrage depuis bien lontemps. Je retrouve — et cela me ravit — l’ambiance de la sortie de Militaria Magazine (1984) et de Charge Utile (1992), deux revues dans lesquelles je m’étais personnellement investi au plus haut point et qui, d’une certaine manière, ne sont pas étrangères à GBM, avec cet éclairage particulier que donne la fusion entre la « chose militaire » et la technique automobile et industrielle. Une savante alchimie faite de chair et de métal, de vraie et grande Histoire avec tous les petits à-côtés qu’elle a suscités, et aujourd’hui toutes les approches différentes qui concourent, bien sereinement, à notre passion partagée. Ce numéro 75 s’ouvre aux questions stratégiques (avec une mise en perspective de la manoeuvre Dyle-Breda), et marque un développement de l’étude du matériel français de la Grande Guerre : un sujet à la fois magnifique par lui-même et quasiment inconnu, mais aussi essentiel pour bien comprendre l'évolution du matériel français d'une guerre à l'autre. Et bien sûr, ce numéro 75 regorge d'information techniques et historiques sur nos matériels de 1939-1940, en confirmant sans états d’âme son ancrage comme magazine d’histoire technique sur l’armée française de la première moitié du XXe siècle. Et une armée qui bouge, qui tire, qui se bat. L’un de nos nouveaux abonnés nous a écrit cette belle phrase : « Quand le risque est grand, la récompense est grande. Certes je ne suis pas un professionnel de l’édition historique mais en tant que passionné, je sais que nous sommes nombreux à avoir attendu CETTE revue. » Et bien, moi qui suis un passionné ET un professionnel de l’édition, je peux vous dire que le pari est difficile. Les amateurs de sujets français n'occupent pas une position majoritaire. A l’enthousiasme des mordus de toujours doit répondre l'adhésion des nouveaux venus à ces sujets magnifiques, si injustement oubliés ou négligés. Je demande donc à tous les passionnés, à tous ceux qui pensent qu'il est utile, nécessaire, et juste, de consacrer enfin un magazine à l'étude de nos matériels, d'aider puissamment GBM, par le bouche-à-oreille, et grâce aux forums sur la toile. GBM doit gagner en notoriété et en lectorat. Le « choix français » le mérite, son succès en dépend. Le mot d’ordre est : Amateurs de Français, rassemblons-nous !
LE MAGAZINE DES PASSIONNÉS DE L'ARMÉE FRANçAISE (message de François Vauvillier, 6 novembre 2006) L’arrivée du magazine Histoire de Guerre au sein du Groupe de la République a constitué, à l'automne 2006, un point de stabilisation considérable dans le tourbillonnement de la presse spécialisée en histoire militaire. Dans ce domaine, beaucoup de titres se sont créés ces dernières années, beaucoup de confrères ont cherché ou recherchent encore leur formule ou leur lectorat. Certes, « le soleil brille pour tout le monde » et chacun dispose de sa chance et de son talent pour réussir. Mais il arrive que le ciel ne soit pas toujours bleu, il faut aussi être prêt à cheminer seul sous l’averse, ou à rejoindre le gros des forces. L’arrivée bienvenue d’Histoire de Guerre chez H&C, qui a pris effet avec le n° 74 paru le 16 novembre 2006, nous a évidemment conduit à réfléchir à son contenu rédactionnel. Du fait qu’H&C disposait déjà, avec le bimestriel Batailles , d’un magazine de premier plan à vocation généraliste sur la Seconde Guerre mondiale, la présence à ses côtés d’un second titre trop voisin dans ses objectifs n'était pas judicieuse. C’est pourquoi nous avons décidé de faire évoluer de manière significative l'ancien Histoire de Guerre, en le libérant de la contrainte d’un certain nombre de rubriques ou d’approches qui trouvaient plus logiquement leur place dans Batailles . Tout ce qui ressort d’une approche grande-historienne de la Seconde Guerre mondiale a donc été reporté sur Batailles. Au contraire, Histoire de Guerre a renforcé sa pertinence de longue date dans le domaine plus particulier des engins blindés, des engagements de chars, de la guerre mécanisée et du matériel militaire terrestre. Avançant parallèlement à notre célèbre bimestriel SteelMasters — qui, plus spécialisé dans le maquettisme, a montré néanmoins depuis 1994 la voie dans tous les domaines du char et du matériel militaire —, nous avons donc créé LA revue d’histoire des chars et du matériel militaire qui manquait à l’éventail des publications d’H&C. C’est Histoire de Guerre nouvelle formule porte le nom de Histoire de GUERRE, BLINDÉS & MATERIEL (GBM) Plusieurs grandes nouveautés sont intervenues à l’occasion de cette nouvelle formule, qui compte désormais 84 pages : — GBM est maintenant bimestriel, car c’est le rythme qui convient pour dévoiler dans chaque numéro des informations et des photographies à mille lieues du « déjà vu ». De l’inédit, de la « doc » de première main, des « tiroirs de l’inconnu », des récits de combats jamais évoqués. — GBM se consacre exclusivement aux sujets français. La richesse du fonds d’archives dont la rédaction dispose nous le permet, nous le commande presque. Nous en faisons un plaisir autant qu’un devoir vis à vis de nos anciens qui ont eu l’honneur de combattre à bord de ces appareils. — GBM traite des blindés mais aussi du matériel au sens le plus large, c’est-à-dire embrassant tout l’éventail des moyens militaires lourds (canons, tracteurs d’artillerie, véhicules tous terrains et routiers, franchissement, radio, etc.). — GBM franchit les frontières de la Seconde Guerre mondiale pour s'intéresser, en amont, à l’ « armée des machines et des moteurs » du premier tiers du XXe siècle. L’extraordinaire matériel lourd de la Grande Guerre — sa formidable artillerie, notamment — est présent dans GBM, de même que toute la « poussière blindée » des années de l’entre-guerre, sans oublier l’aspect doctrinal qui a présidé à la naissance des grandes unités mécaniques, et toutes les facettes de la « guerre des moteurs » : recherche de la mobilité, contraintes du ravitaillement, des transmissions et du terrain, rythme des opérations. Enfin, et ceci me concerne personnellement, GBM n'est pas, pour moi, une revue de plus ajoutée au catalogue déjà très riche d’Histoire & Collections. En reprenant ce titre, en le modifiant dans le sens que j’ai indiqué, j'ai fait le choix d'en prendre, directement, la rédaction en chef — et la rédaction d’une partie des articles — et non sa seule supervision. Sachez ma joie, après avoir délégué à plusieurs rédacteurs en chef de grand talent les revues que j’ai fondées au fil des deux décennies du développement d’H&C, de me retrouver à nouveau devant vous, en première ligne, sans masque blindé ni bouclier, m’exposant à votre jugement, et partageant avec vous ma documentation. Je tiens dans les pages de GBM ma propre tribune, mon « blog » imprimé, sous le titre du « Manifeste français » et aussi d'une Tribune libre. J’y accueille tous les intervenants et répond autant que possible aux questions, en particulier sur tel ou tel aspect du matériel, y compris par un « je ne sais pas » sincère si la question me prend en défaut. Et je vous fais confiance pour cela !
Car nous sommes, dans GBM, entre passionnés. Entre nous.
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